L'Agence Internet Pour l'Emploi BTP
REPORTAGE SUR CHANTIER RENOVATION LOURDE
 























LE CHANTIER : rénovation lourde d'un immeuble de bureaux


Le chantier a débuté début 2003 et doit être livré en juin 2004, il s'étend sur une surface utile de 13 000 m².

L'opération consiste à rénover 2 bâtiments de bureaux R+7 et 4 niveaux de sous-sols.

Les travaux de gros oeuvre comprennent la démolition et le confortement des structures, la reprise de la structure béton, des travaux de maçonnerie, le reprise de façades, le déplacement et la création de rampes d'accès au parking en R - 4 et R - 3, la création d'un auditorium en R 1, la création d'escaliers et d'ascenseurs.

Les travaux hors lot sont le curage, le déshabillage et le désamiantage.

Les travaux d'infrastructure consiste en la démolition et le confortement de structures, la modification de la majorité des porteurs, la création de 2 niveaux de paliers en R - 3 et R - 4 et en des travaux de maçonnerie.

Les travaux de superstructure sont la création de poteaux/poutres à l'aplomb de voiles existants, la reprise de façade et des travaux de maçonnerie.

LES HOMMES

L'effectif moyen Gros Œuvre, constitué de l'entreprise générale, des ferrailleurs, des démolisseurs et " des parpaigneux " (selon les termes du chantier) est de 70 personnes, à cela s'ajoute 80 personnes constituées d'électriciens, des plombiers, de plaquistes, d'étancheurs, de menuisiers extérieurs et intérieurs, de peintres et de décorateurs.

Le recrutement des entreprises sous-traitées se fait par appel d'offre pour certaines mais pour la plupart c'est la fidélité qui entre en compte.

LA SECURITE

Comme sur la totalité des chantiers les hommes sont soumis au l' EPI, Equipement de protection individuelle, qui sont remis à chaque personnes. Il est constitué du casque avec lunettes de protection intégrées, les chaussures et bottes de sécurité, la veste et le pantalon de travail et les vêtements de pluie. Sont mis à la disposition de tous diverses protections, des bouchons anti bruit, des gants de sécurité, des masques pour les voies respiratoires et des harnais de sécurité pour les ouvriers exposés au vide.

Des règles de protection collective sont aussi très présentes sur le chantier comme la mise en place de gardes corps et une vigilance constante quant à la qualité des axes de circulation. 5 secouristes sont présents sur le chantier ainsi qu'un coordinateur de sécurité.

INTERVIEW DE M Victor CARVALHO, chef de chantier



Quelle est la spécificité de votre chantier?

Suite à une contrainte quant à la hauteur des différents niveaux, nous avons du avoir recours à des poutres PRS (Profilée Reconstituée Soudée) en acier alors que nous utilisons d'ordinaire l'installation traditionnelle du coffrage en ferraille dans lequel nous coulons du béton.

Ces poutres permettent de réduire la surface tout en supportant des charges très lourdes car se sont des poutres à grande portée. Nous sommes les seuls, dans le bâtiment, à avoir recours à ce type de poutres, généralement utilisées dans les Travaux Publics.

Sinon, vous utilisez d'autres techniques particulières ou des matériaux spécifiques ?

Nous sommes la seule entreprise en Europe, à ma connaissance, à procéder par rotation des tâches.

Nous avons mis en place un plan de rotation du bas vers le haut qui nous permet de gagner en productivité, sinon,
la technique est très traditionnelle.

Au niveau des matériaux, nous avons du avoir recours à un béton spécifique aux TP, le béton fibré à haute résistance.

Pourquoi ?

En fonction des demandes de l'architecte, il faut s'adapter. Celui-ci désire des poteaux trop petits au niveau des dimensions (12 X 30 cm sur 90 m de haut) pour que l'on utilise le matériel traditionnel capable de supporter les charges à venir.

Grâce à ce béton, chaque poteau est capable de supporter 100 tonnes de charge.

On retrouve une ambiance très familiale sur votre chantier, comment vous y prenez vous ?

Le relationnel est primordial, il faut éviter de faire une trop grande différence entre le chef et les ouvriers, savoir être reconnaissant quant au travail de chacun et être à l'écoute de ses gars.

Vous savez en plus du rôle de chef de chantier, il m'arrive d'avoir un rôle d'assistante sociale lorsque des ouvriers ont des problèmes. Cela ne fait partie de mes fonctions mais cela fait aussi parti de la reconnaissance et du travail d'encadrement. C'est vrai aussi que je cherche à garder le plus possible les mêmes équipes de travail sur mes chantiers car lorsque les gens se connaissent et ont l'habitude de travailler ensemble cela facilite les choses.

Qu'est ce qui vous plait dans le milieu du bâtiment ?

C'est un milieu qui demande une grande psychologie car on est en contact avec des gens très différents. J'aime l'ambiance de ce milieu où l'on travail surtout à l'air libre et pas enfermé en permanence dans un bureau.
Et puis tout nouveau chantier est un nouveau challenge qui demande de grandes responsabilités.

En parlant de gens très différents, avez vous eu des personnes qui vont ont marqué particulièrement ?

J'ai travaillé avec un homme que l'on avait surnommé le marseillais, il était d'un enthousiasme rare mais il voulait tellement tout le temps faire plaisir qu'il aurait été capable de se mettre en danger si on lui demandait. Il a fallu canaliser sa joie de vivre et sa motivation pour le protéger de lui même.

Les conditions climatiques sont très importantes dans votre milieu ?

Oui mais pas forcément contraignante sauf lorsqu'il y a du vent. Nous utilisons une grue à Tour H30/40C dont une pré alarme se met en route par vent de 50 km/h et lorsque celui ci excède les 70 km/h nous avons interdiction d'utiliser la grue, cela serait beaucoup trop dangereux. Le mauvais temps ne nous empêche pas de bosser mais il faut juste être plus vigilent car cela augmente les risques d'incidents.

Quel est votre objectif pour 2004 ?

Toujours le même, finir les chantiers en temps et en heure avec 0 accident.



© Tous droits réservés PMEBTP 2000 - 2008